TGV n°8542 Tours-Paris 01.12.11

Quand on rencontre une personne, elle n’a pas de passé et nous n’avons pas de passé non plus. Enfin tout le monde a un passé bien sûr, mais nous ne connaissons pas le passé de cette personne, et cette personne ne connait pas le nôtre.

Les seules choses que l’on peut savoir de cette personne sont comment elle s’habille, ce qu’elle est en train de faire, et ce qu’elle est en train de dire. Ce sont les seules informations qui nous sont accessibles. Donc, forcément, à un moment ou à un autre on va se faire une idée de cette personne, on va la placé dans un certain groupe, une certaine catégorie, on va la stéréotyper.

“Ah ouais elle/lui ça doit être le genre de fille/mec qui…”

Bref, il arrive donc un moment où l’on va commencer à échanger avec cette personne, car je parle ici bien de rencontre, le plus souvent cela se fait de manière orale.

Mais moi cette fille, cette fille là, celle avec qui je vais passer une bonne partie du reste de ma vie, je ne l’ai certainement pas rencontré de cette manière là. Enfin, en fait, c’est surtout elle qui m’a rencontré, et bien rencontré en plus. C’était un après-midi d’automne, j’airais dans les rues de Paris pour profiter des quelques dizaines de minutes de soleil qu’il restait avant de rejoindre Monsieur Jean. Et, alors que j’étais sur ma planète en train de voguer dans mes pensées, comme j’en ai bien trop l’habitude, tout en marchant tranquillement, cette fille, sortant de nulle part, m’est littéralement rentré dedans. Un bon coup de boule qui nous a assommé tous les deux. Autant vous dire que je suis redescendu vite fait de ma planète! J’ai quand même mis quelques secondes avant de reprendre mes esprits et comprendre exactement ce qu’il venait de se passer. Cette fille sortit de nulle part sortait en fait d’un appartement, un peu trop brusquement, et n’a pas fait attention s’il y avait quelqu’un. Un coup d’pas d’bol quoi, mauvais timing. Je suis passé au mauvais moment au mauvais endroit. Ou finalement était-ce le bon moment au bon endroit?

Projet 50 - n°16 par @_Axiome

Je suis un dròle d’animal.

Mais qui suis je donc ?

Je suis le moins humain des animaux,
Je suis le pire.
Je pense à rien qu’à sauver ma peau. (pour ainsi dire)
Le plus sauvage des fauves en cage.
Je suis de loin le moins beau.

Je suis le dernier maillon de la chaîne.
Un homme qui n’a plus figure humaine.

A quoi me sert mon cerveau ?!

Aujourd’hui, 08 novembre 1011, vers environ 10h30.

Ce matin, en chemin pour aller à la fac, alors que je traversais, à pieds, le pont qui relie, ce qu’on appelle communément, “Tours Nord” à Tours “Centre”, j’aperçois au loin un homme, que je crois alors assis “à califourchon” (Dieu, quelle expression!) sur le rebord du pont. Le casque sur les oreilles, je marche d’un pas déterminé et ne prête pas plus d’attention à cet homme. Mais au fur et à mesure que je me rapproche de lui, je me rend compte qu’il n’est pas juste “assis”, non. Il a un pied dans le vide, et l’autre à demi plié sur le rebord du muret qui sépare le pont du néant. Je regarde un peu plus attentivement l’homme, je vois bien qu’il ne semble pas au meilleur de sa forme. J’approche toujours un peu plus de lui, et plus j’approche, plus mon instinct, mes tripes, me disent: “Ce mec là, il a l’intention de sauter”. Toujours un peu plus fort cette phrase résonnait dans ma tête: “Ce mec là, IL A L’INTENTION DE SAUTER“.

Difficile d’appeler au secours
Quand tant de drames nous oppressent
Et les larmes nouées de stress
Étouffent un peu plus les cris d’amour
De ceux qui sont dans la faiblesse
Et dans un dernier espoir
Disparaissent

J’avance. Quand je passe enfin à son niveau, je pense du plus fort de moi (presque les yeux et les poings fermés du plus fort de ma force): “Saute pas. Saute pas. Saute pas. Saute pas. Saute pas.” Là, j’aperçois un monsieur, de petite taille, l’air bizarre, cheveux longs et lunettes de soleil (au mois de novembre je précise), arrêté sur le trottoir, une valise roulante à la main, ne sachant pas s’il doit avancer, reculer, lui parler, disparaitre. Bref, je passe à coté de lui et j’arrive enfin au bout du pont. J’ai peur. Peur de regardé s’il a sauté. Peur de le voir sauté. Peur du suicide. Peur de la mort. J’attends, de faire encore quelques mètres et je décide de regarder en arrière pour “voir s’il est toujours là, sur le pont”, de ce coup d’œil, j’aperçois au loin une femme, aux cheveux gris, long jusqu’aux épaules, s’arrêter à ses côté. À ce moment, l’homme de petite taille, qui n’avait pas bougé, décide d’avancer et vient également aux côté de l’homme. Puis un autre homme arrive, qui devait sans doutes marcher quelques mètres derrière la dame, et s’arrête également. J’imagine qu’ils ont du lui dire quelques mots avant de le descendre, pour le mettre sur la “terre ferme” (bien que sur un pont). L’homme m’a paru très frêle lorsqu’ils l’ont aidé à revenir sur le pont, normal en même temps, mais sauf. Je suis soulagé, mais un sentiment de culpabilité s’empare de moi. Les larmes me montent, mais je me retiens de pleurer. Je m’en veux. J’aurais été prêt à m’auto-flageller tellement je m’en voulais. J’ai besoin de faire sortir ça de ma tête. J’avais décidé d’aller à la fac pour bosser quelques heures avant le début des cours, je n’allais donc pas voir un seul ami avant un moment. Je décide donc tweeter ce qui vient de m’arriver:

1er tweet:
“OMG je viens de passer à côté d’un mec qui était peut être à deux doigts de sauter d’un pont et je me suis même pas arrêté.”

2eme tweet, à la suite:
“J’ai limite envie de pleurer tellement je culpabilise :(

3eme tweet, toujours à la suite:
“(une dame qui était derrière moi s’est arrêté et il est sauf, je précise quand même)”

J’ai toujours les larmes aux yeux. Heureusement je marche, ça me vide l’esprit, et permet d’évacuer le “stress” du moment. Je culpabilise. Et si l’homme avait sauté? Je m’en serais voulu toute la vie.

Pas facile d’être un adulte. Pas facile d’affronter ses peurs et ses angoisses.

J’étais là, j’ai rien dit
Et puis j’suis parti [...]
Si j’y suis retourné?

J’étais là et je n’ai rien fait
Et je n’ai rien fait
J’étais là pourtant
J’étais là et je n’ai rien fait

Je remercie tous ceux qui ont répondu à mes tweets de détresse: @thibaultdm @MrBrouillons @bluelands @newem @sebastien_l @pingui @heimdallr59 @sailortoshyo @TDLKB et @Like_A_Dandy. <3

[Crédits paroles: Tous les cris les SOS (Daniel Balavoine); J'étais là (Zazie); Dròle d'animal (Calogero).]

Je ne sais pas où je vais.

Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas où j’en suis. Bref, je suis perdu. Alors j’écris. J’écris pour ranger, pour essayer de trouver ma place sur cette immense carte qu’est la vie. Il faut que je trouve mon chemin, ou plutôt le bon chemin, celui qui mène vers un avenir qui me correspond. En attendant je prends la vie comme elle vient. Mais le temps passe. Trop vite, comme toujours. Dans quelques mois j’aurai ma licence en poche, mais ce qui vient ensuite, pour le moment, c’est le vide, le néant, une page blanche qui ne demande qu’à être souillée.

Pourtant ce n’est pas comme si je n’avais pas été prévenu. J’avais quelques années à peine quand on m’a demandé pour la première fois: “Qu’est ce que tu veux faire quand tu sera grand?”
Mon rêve d’enfant c’était de devenir cuisinier, mais j’ai vite abandonné en entendant dire autour de moi “t’es trop difficile pour être cuisinier, tu manges rien”. Alors je mange toujours rien. Après j’ai voulu être pharmacien, puis ostéopathe, puis kinésithérapeute, puis prof, puis… Alors j’ai passé un Bac scientifique –parce que “ça ouvre toutes les portes”–, et je suis donc rentrée en fac…..d’anglais.

Mais voilà, déjà deux ans de passés, bientôt trois, et il faut que je trouve –rapidement– ce que je veux faire ensuite. Partir un an à l’étranger en étant assistant dans une école? Oui mais je ne veux pas faire carrière dans l’éducation, à priori, même si ça serait super enrichissant et que ça me permettrait de pratiquer correctement la langue. Un master pro donc, pour être dans la suite logique des choses. Mais quoi? Où? Pour quoi faire? Retour à la case départ.

“Je perds mon temps à me poser des questions au lieu d’agir.”

Dans mes rêves, je suis écrivain, je suis réalisateur, ou je suis Antoine De Maximy. Ambitieux, peut-être. Incertain, certainement. Mais j’ai la flamme. Celle qui brûle sans cesse au fond de moi et qui me dit “Antoine tu peux réussir ta vie, tu en es tout à fait capable”. Et si vous saviez comme ma vie a changée depuis un an… Je me dis que tout est possible, tout est réalisable. Dans mes rêves, j’ai réussi ma vie, surtout.

“J’ai la p’tite flamme, sainte Thérèse, j’vois des grandes choses”

Oui j’ai peur. Peur de l’échec, qu’il soit social ou professionnel. J’ai peur d’arriver à 80 ans et de me dire “j’aurais du faire ci” “j’aurais du plus profiter” “j’aurais du faire ça” ou encore “je voulais faire ça quand j’étais jeune, et je l’ai jamais fait, maintenant je regrette”.

D’un autre côté, je crois que si je savais où j’allais depuis le début, je n’irai plus. Ça me ferait trop peur de savoir que mon avenir est déjà tout tracé au propre. J’aime me laisser voguer. Et je sais saisir les opportunités quand elles se présentent. La preuve, je suis parti travailler trois mois en Angleterre l’année dernière, j’ai trouvé un super stage cet été, et j’ai même (peut-être) trouvé un job d’été chez Air France. Donc je me dis que je peux avoir confiance en moi un minimum. Je suis un vagabond airant sur cette immense carte. Je transporte toujours mes bagages avec moi. Je me laisse guider, je fais confiance à mon instinct. Je suis un vagabond de la vie.

-Oh Darling, let’s be adventurers!

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