« Ma Nouvelle »

Cher lecteur, voici la première nouvelle que j’ai écrite.
Je te resitue le contexte:
2007, j’étais donc en seconde, c’était pour le concours de la nouvelle du salon du livre de Montargis.
Voici les contraintes imposées (c’est « important » pour comprendre ma nouvelle):
Votre nouvelle devra commencer par:
« Un matin, en sortant pour aller travailler, je bute sur un tas de chiffons »
ou
« Comment dire le goût doux-amer, doux-amour de ce rêveur? »
et devra finir par:
« Ca ressemble à la fin mais moi je n’ai pas fini »
ou
« Et tout devint terrible, intense, et dramatique »

Je ne l’ai pas modifiée, elle est telle-quelle, authentique. Elle s’intitule « Ma nouvelle ».
Voilà, bonne lecture mon cher lecteur.
(Edit du 12 octobre 2011)


Un matin, en sortant pour aller travailler, je bute sur un tas de chiffons, et je renverse mon café sur ma nouvelle chemise, en évitant de justesse d’éclabousser Madame la concierge. Je suis déjà en retard et je n’ai pas le temps de monter me changer, tant pis, je règlerai ça une fois arrivé. Je jette le gobelet vide dans la poubelle, en bas de l’immeuble, et énervé de ne pas avoir bu mon café matinal je monte dans la voiture et démarre. Après un peu plus d’un quart d’heure, j’arrive enfin au bureau. Je suis écrivain pour un magazine hebdomadaire: le « Dzêta ». Mon rédacteur en chef m’a demandé, il y a de cela une semaine, d’écrire une nouvelle commençant par « Un matin, en sortant pour aller travailler, je bute sur un tas de chiffons » et finissant par « Ça ressemble à la fin mais moi je n’ai pas fini ». Seulement voila, j’ai eu un emploi du temps très chargé et je n’ai pas pu finir mon texte. J’essaie de cacher le plus possible la tache de café avec ma veste, il est 9h04 et dans moins d’une heure je suis convoqué chez mon directeur pour lui remettre mon travail. Vingt minutes plus tard j’ai trouvé la fin qu’il me faut pour ma nouvelle. Voici ce qu’elle raconte:

« Un matin, en sortant pour aller travailler, je bute sur un tas de chiffons et je renverse mon café sur la concierge. Je suis déjà en retard, pas le temps de m’excuser, tant pis, je règlerai ça à mon retour. Je monte dans la voiture, file à toute vitesse, dix minutes plus tard j’arrive au bureau, il est 8h57. Je suis écrivain pour un magazine bimensuel et mon rédacteur en chef m’a demandé, il y a de cela une semaine, d’inventer une courte nouvelle commençant par « Comment dire le goût doux-amer, doux-amour de ce rêveur? » et je devais la terminer par cette phrase: « Et tout devint terrible, intense, et dramatique ». Heureusement, cette semaine j’ai eu tout le temps nécessaire pour l’inventer et je n’ai plus qu’à aller la porter à mon chef, j’ai rendez-vous dans son bureau à 10h00. Pendant l’heure qu’il me reste à attendre, je vais me chercher un autre café au distributeur et je relis une dernière fois mon travail. Il est dix heures moins cinq, je frappe à la porte du rédacteur en chef. Trente minutes plus tard, je ressors du bureau, le sourire jusqu’aux oreilles, il est très fier de moi pour le travail que j’ai fourni; il me laisse le reste de ma journée libre et en plus m’offre une prime. Je décide donc de rentrer chez moi pour retrouver ma femme et mes deux enfants et leur annoncer la bonne nouvelle. Le lendemain matin, en sortant pour aller travailler, je bute sur un tas de chiffons… Ça ressemble à la fin mais moi je n’ai pas fini. »

Le gobelet

Mince! Il est déjà 10h00!! Je cours jusqu’au bureau et frappe à la porte. L’heure tourne. Trente minutes après mon entrée, je sors enfin de la pièce… infernal! Le rédacteur en chef n’a pas du tout apprécié mon travail, il trouve que la fin est ratée. Il dit que depuis plusieurs semaines je n’arrive plus à innover, que mon travail est banal. Il a cette impression de « déjà-vu », il croit avoir lu une histoire semblable il n’y a pas très longtemps, et, comme le travail que je fournis ne lui plait plus, il m’a renvoyé! Je suis sorti en claquant la porte de son bureau, ce qui a fait sursauter la secrétaire.

Me revoilà donc chez moi, quelques minutes plus tard. Je mets ma chemise taché à laver, et je me prépare un expresso. Je descends les deux étages pour aller chercher mon courrier que j’ai oublié de prendre en rentrant du travail, je bute sur un tas de chiffons, je tombe par terre, mais au lieu de me fracasser la tête sur le bitume, le sol s’enfonce, sous le poids de mon corps, comme si le monde autour de moi fondait, comme si il devenait mou…

-tutututut’, tutututut’, tutututut’, CLAK!

Mon réveil vient de sonner et moi je viens de me rendre compte que j’étais en retard. Je m’appelle Coby, écrivain, cette nuit j’ai fais un rêve assez bizarre: en sortant de chez moi j’ai buté sur un tas de chiffons, c’est … étrange. Bon je dois vous laisser, en plus je viens de tacher ma chemise. Ah, oui, ça ressemble à la fin mais moi je n’ai pas fini.

(N’hésitez pas à laisser vos remarques, critiques, etc… en laissant un commentaire 🙂 )

(Photo d’illustration réalisée par Maxlemans, merci! )

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2 réflexions au sujet de « « Ma Nouvelle » »

  1. C’est un exercice de style passionnant, vraiment, c’est juste dommage que l’écriture ne suive pas. Ce n’est pas flambant, ça manque un peu d’un je ne sais quoi. Mais rien à dire sur l’idée principale, c’est vraiment chouette (ceci était la remise à niveau d’un mot depuis trop longtemps tombé en désuétude).

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