Je suis là.

Je suis là. Assis dans mon fauteuil. Un vieux fauteuil de récup’, dans les tons bordeaux-marron pas très beau, mais ma foie plutôt confortable. Je suis là. Autour de moi, légèrement à ma gauche, le canapé, puis en continuant doucement, la lampe (qui renvoie une lumière tamisée à travers le salon), devant moi, la table basse, et derrière elle, la télé, enfin, à droite de la télé, ma plante (un papyrus qui commence à jaunir, lui aussi est las de l’hiver). Je suis là. Je regarde une série TV américaine sur la télé, affalé dans mon fauteuil, à la manière d’un couch-potatoe. J’essaie de relâché ce stress, cette anxiété qui est enfouie au fond de moi et qui peine à sortir. Mes jambes sont écartées, étalées devant, mes bras eux, pendent de part et d’autre du siège, ma tête est lourdement appuyée sur le dos du fauteuil. Je suis là. Je regarde par la fenêtre, la nuit commence à tomber. Il est encore tôt mais les jours ont déjà bien rallongés, l’hiver sera bientôt fini. Puis, les arbres fleuriront, les oiseaux chanteront le Printemps, et c’est toute la nature qui reprendra vie, commençant un nouveau cycle, encore et encore, tel un cercle vicieux duquel on ne peut s’échapper. En attendant, il faut surmonter cette fatigue hivernale qui n’a pas de fin. Ça, et les amis qui s’en vont, les amours inexistants, les rêves qui s’envolent, et les cours qui sont de plus en plus pesants. Je suis là. Dans mon fauteuil, je pense. Je me dis que c’est un bordel monstre dans ma tête, plein de choses passent dans tous les sens alors je me dis que je devrais écrire tout ça, pour faire un peu de rangement. Je suis là. J’écris. J’écris, sur un air de Ba, Ba, Baciami Piccina. Je suis là. Et je me dis que tout va bien, tout ira  toujours bien, il faut laisser les choses se faire. Après tout, nous ne sommes que sur un caillou flottant à travers l’espace.