Je suis un dròle d’animal.

Mais qui suis je donc ?

Je suis le moins humain des animaux,
Je suis le pire.
Je pense à rien qu’à sauver ma peau. (pour ainsi dire)
Le plus sauvage des fauves en cage.
Je suis de loin le moins beau.

Je suis le dernier maillon de la chaîne.
Un homme qui n’a plus figure humaine.

A quoi me sert mon cerveau ?!

Aujourd’hui, 08 novembre 1011, vers environ 10h30.

Ce matin, en chemin pour aller à la fac, alors que je traversais, à pieds, le pont qui relie, ce qu’on appelle communément, « Tours Nord » à Tours « Centre », j’aperçois au loin un homme, que je crois alors assis « à califourchon » (Dieu, quelle expression!) sur le rebord du pont. Le casque sur les oreilles, je marche d’un pas déterminé et ne prête pas plus d’attention à cet homme. Mais au fur et à mesure que je me rapproche de lui, je me rend compte qu’il n’est pas juste « assis », non. Il a un pied dans le vide, et l’autre à demi plié sur le rebord du muret qui sépare le pont du néant. Je regarde un peu plus attentivement l’homme, je vois bien qu’il ne semble pas au meilleur de sa forme. J’approche toujours un peu plus de lui, et plus j’approche, plus mon instinct, mes tripes, me disent: « Ce mec là, il a l’intention de sauter ». Toujours un peu plus fort cette phrase résonnait dans ma tête: « Ce mec là, IL A L’INTENTION DE SAUTER« .

Difficile d’appeler au secours
Quand tant de drames nous oppressent
Et les larmes nouées de stress
Étouffent un peu plus les cris d’amour
De ceux qui sont dans la faiblesse
Et dans un dernier espoir
Disparaissent

J’avance. Quand je passe enfin à son niveau, je pense du plus fort de moi (presque les yeux et les poings fermés du plus fort de ma force): « Saute pas. Saute pas. Saute pas. Saute pas. Saute pas. » Là, j’aperçois un monsieur, de petite taille, l’air bizarre, cheveux longs et lunettes de soleil (au mois de novembre je précise), arrêté sur le trottoir, une valise roulante à la main, ne sachant pas s’il doit avancer, reculer, lui parler, disparaitre. Bref, je passe à coté de lui et j’arrive enfin au bout du pont. J’ai peur. Peur de regardé s’il a sauté. Peur de le voir sauté. Peur du suicide. Peur de la mort. J’attends, de faire encore quelques mètres et je décide de regarder en arrière pour « voir s’il est toujours là, sur le pont », de ce coup d’œil, j’aperçois au loin une femme, aux cheveux gris, long jusqu’aux épaules, s’arrêter à ses côté. À ce moment, l’homme de petite taille, qui n’avait pas bougé, décide d’avancer et vient également aux côté de l’homme. Puis un autre homme arrive, qui devait sans doutes marcher quelques mètres derrière la dame, et s’arrête également. J’imagine qu’ils ont du lui dire quelques mots avant de le descendre, pour le mettre sur la « terre ferme » (bien que sur un pont). L’homme m’a paru très frêle lorsqu’ils l’ont aidé à revenir sur le pont, normal en même temps, mais sauf. Je suis soulagé, mais un sentiment de culpabilité s’empare de moi. Les larmes me montent, mais je me retiens de pleurer. Je m’en veux. J’aurais été prêt à m’auto-flageller tellement je m’en voulais. J’ai besoin de faire sortir ça de ma tête. J’avais décidé d’aller à la fac pour bosser quelques heures avant le début des cours, je n’allais donc pas voir un seul ami avant un moment. Je décide donc tweeter ce qui vient de m’arriver:

1er tweet:
« OMG je viens de passer à côté d’un mec qui était peut être à deux doigts de sauter d’un pont et je me suis même pas arrêté. »

2eme tweet, à la suite:
« J’ai limite envie de pleurer tellement je culpabilise 😦 »

3eme tweet, toujours à la suite:
« (une dame qui était derrière moi s’est arrêté et il est sauf, je précise quand même) »

J’ai toujours les larmes aux yeux. Heureusement je marche, ça me vide l’esprit, et permet d’évacuer le « stress » du moment. Je culpabilise. Et si l’homme avait sauté? Je m’en serais voulu toute la vie.

Pas facile d’être un adulte. Pas facile d’affronter ses peurs et ses angoisses.

J’étais là, j’ai rien dit
Et puis j’suis parti […]
Si j’y suis retourné?

J’étais là et je n’ai rien fait
Et je n’ai rien fait
J’étais là pourtant
J’étais là et je n’ai rien fait

Je remercie tous ceux qui ont répondu à mes tweets de détresse: @thibaultdm @MrBrouillons @bluelands @newem @sebastien_l @pingui @heimdallr59 @sailortoshyo @TDLKB et @Like_A_Dandy. ❤

[Crédits paroles: Tous les cris les SOS (Daniel Balavoine); J’étais là (Zazie); Dròle d’animal (Calogero).]

Publicités

2 réflexions au sujet de « Je suis un dròle d’animal. »

  1. Comme je l’ai dit précédemment…c’est des moments où on peut être choqué, tétanisé…que faire? Les secondes passent, on ne fait rien…on remet sa propre mortalité en cause…
    Je crois qu’il ne faut pas culpabiliser.
    L’étranger est sain et sauf.
    Si la situation se représente ( je ne te le souhaite pas…) peut-être auras tu plus de « lucidité » sur la situation et agir différemment…

    XXX

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s