Le réveil

Ce texte fait parti des quelques écrits que j’ai réalisé au court de mon UE Libre Ecriture Dramatique animé par la comédienne, metteuse en scène et auteure Laure Saupique. L’exercice pour ce premier texte consistait en l’écriture d’un court moment d’une journée ordinaire pour ensuite le transformer en texte théâtrale, voici le résultat.

2 espaces: un coté chambre et un coté cuisine/salon
2 personnages: Pierre L’Alisier et son frère Louis

Dans la chambre, un lit dans lequel dort Pierre, un réveil posé sur une table de chevet, un tapis.
Dans la cuisine, un plan de travail avec un évier, un frigo, une cafetière et un four micro-ondes. Une porte dans le fond.
L’espace est sombre. L’heure est projetée en gros sur le mur de la chambre et indique 5h59.
 
A 6h00, une sonnerie de réveil retentie de manière forte. L’homme, sous la couette, sort un bras pour éteindre le réveil. Il repousse la couette et tend le bras pour allumer la lumière. L’heure projetée disparait quand la lumière s’allume.
 
Il a du mal à ouvrir les yeux à cause de la lumière. Il se lève, s’étire les bras si fort qu’il essai de toucher le « plafond ». Il se fait craquer le dos, enfile un pantalon (il est en slip) et un t-shirt.
Pierre marche doucement pour aller dans la cuisine. Il sautille sur le carrelage car il est  pieds nus et le carrelage est froid. Il se sert un grand verre de jus d’orange, le bois d’un seul coup et avant qu’il n’est pu reposer le verre, la sonnette retentie en continue, pendant plusieurs de secondes jusqu’à ce qu’il ouvre la porte. On y découvre un homme brun d’une trentaine d’années, propre sur lui, son frère (Louis).

Pierre: Ah c’est toi… Bonjour Louis.

Louis: Je m’appelle Louis L’Alisier, j’ai pas mes chaussettes, j’ai un pantalon trop grand pour Louis L’Alisier et j’ai de très grands chaussons rouges.

Pierre, l’air soulagé de savoir que c’est juste son frère qui sonne à cette heure là:

Pierre: Entre Louis. Installe-toi. Tu as petit-déjeuné?

Il referme la porte.

Louis: Non j’ai pas petit-déjeuné. Je m’appelle Louis L’Alisier, j’ai pas mes chaussettes, j’ai un pantalon trop grand pour Louis L’Alisier et j’ai de très grands chaussons rouges.

Pierre: J’ai du pain. Je peux te faire des tartines. Tu veux des tartines?

Louis: Louis L’Alisier il veut des tartines

Pierre, tout en préparant des tartines et un verre de jus d’orange:

Pierre: Que fais tu ici à cette heure là? Tu t’es encore enfuit du centre?

Louis: Non c’est pas vrai. Je me suis pas enfui du centre. Louis il avait envie de te voir. J’ai un pantalon trop grand pour Louis L’Alisier et j’ai de très grands chaussons rouges.

Pierre: Alors ça c’est gentil Louis de penser à moi. Heureusement que le centre n’est qu’à quelques pâtés de maisons d’ici. SI j’habitais de l’autre coté de l’Atlantique ce serait un peu plus compliqué de venir me voir quand bon te semble.

Louis: Louis L’Alisier il sait pas nager.

Un court silence.

Louis: Elle est où Marie?

Pierre: Marie elle n’est pas là, dit-il légèrement mal à l’aise.

Pierre donne les tartines à Louis.

Pierre: Je devrais peut être appeler le centre pour leur dire que tu es ici, qu’ils ne s’inquiètent pas.

Pierre décroche le téléphone accroché au mur et appelle le centre pendant que Louis déguste son petit déjeuné. En même temps qu’il mange il dit à voix basse:

Louis: Je m’appelle Louis L’Alisier, j’ai pas mes chaussettes…

En même temps, Pierre au téléphone:

Louis: …j’ai un pantalon trop grand pour Louis L’Alisier et j’ai de très grands chaussons rouges.

Pierre: Allo… Bonjour, Pierre L’Alisier à l’appareil. Je vous appelle pour vous dire que mon frère Louis est chez moi. Je pense qu’il a du s’enfuir du centre ce matin ou cette nuit… Oui… D’accord. Merci. Au revoir, bonne journée.

Pierre raccroche le téléphone.

Louis: Pierre, tu peux me mettre mes chaussettes? J’ai pas mes chaussettes.

Pierre s’accroupit et soulève le pantalon de son frère qui est assis pour regarder ses chevilles.

Pierre: Mais tu les as tes chaussettes Louis. Tu as toujours tes chaussettes.

Louis: Elle est où Marie?

Pierre commence à s’agacer.

Pierre: Marie elle est-pas-là.

Un court silence.

Pierre: Le centre m’a demandé de te ramener. Tu as finis de manger?

Louis: Oui.

Pierre: On y va?

Louis: D’accord.

En ouvrant la porte, Louis demande:

Louis: Elle est où Marie?

Pierre prend un ton énervé.

Pierre: Mam… Marie, elle n’est pas… ELLE EST MORTE.

Sa voix s’adoucit.

Pierre: Maman est morte… Ca fait 20 ans Louis!

Un grand silence.

Louis: Je m’appelle Louis L’Alisier, j’ai pas mes chaussettes, j’ai un pantalon trop grand pour Louis L’Alisier et j’ai de très grands chaussons rouges.

La porte claque et les lumières s’éteignent.

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