Face à moi même

C’est l’été. Pour une fois je ne travaille pas. Je peux profiter de mes vacances. Je vadrouille entre chez moi à Paris, chez moi en province, et chez moi à Tours. Le soleil est enfin là. Je peux me reposer, prendre le temps de passer du temps avec mes amis, avec ma famille.

Et pourtant, une chose me hante l’esprit et m’empêche de profiter pleinement de ces vacances, mon Mémoire. La fin de cette première année de master a été particulièrement difficile à cause de la rédaction de ce travail. Et l’année prochaine il va falloir remettre ça, en trois fois plus grand. Je n’ai, actuellement, tellement pas la force de reprendre ce Mémoire que je n’ai même pas envie d’être à la rentrée. Je n’avais pas ressenti ça depuis pas mal d’années. Plusieurs questions se rajoute à cela. Qu’est-ce que je suis venir faire en master Cinéma Audiovisuel ? Pourquoi j’ai voulu changer de ville ? Et surtout, qu’est-ce que je vais faire après ce master (qui est tout, sauf professionnalisant) ?

Au fond, je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire de ma vie. En primaire, je voulais être cuisinier, ou boulanger. Au collège, je voulais être kiné. C’est à cette époque aussi qu’est sorti L’Auberge Espagnole. Je m’étais alors renseigné pour savoir s’il était possible de faire le formation de kiné avec un programme Erasmus.

Arrivé en seconde, mon professeur de Physique-Chimie était à deux ans d’être à la retraite. Un vieux papy qui avait fait la guerre et qui nous racontait que pendant son service, on leur mettait du bromure dans le café pour les empêcher de bander pour qu’ils ne puissent rien faire avec leur compagne pendant leurs permissions. Pas méchant donc, mais ce professeur là à fait prendre à ma vie un cours particulier.

Lors d’un des premiers devoirs qu’il nous a fait, je n’ai pas eu la moyenne. Pourtant, mon devoir était bon. Les raisonnements étaient bons, les détails des calculs étaient bon, mais les résultats trouvés étaient faux. Plutôt étrange non ? Et est-ce qu’à un seul moment ce professeur s’est posé une question ? Non. Est-ce qu’il a demandé à me voir pour savoir ce qui n’allait pas dans mon devoir ? Non. Moi même je ne comprenais pas. Ca m’a complètement découragé. Ma moyenne en a pris un coup. Et alors que tout ce que je faisais me plaisait, j’en ai perdu le gout à cause de ça. A cause d’un putain de réglage de calculette de merde que le prof aurait tout à fait pu comprendre et me le faire régler. Mais non, il a préféré me laisser dans ma merde.

En Terminale, j’en avais marre des sciences, je saturais, alors j’ai changé. Je suis parti en fac d’anglais, pour être prof. Un avenir professionnel sûr, et même si je changeais d’avis « l’anglais, ça sert toujours ». Oui, sauf que perdre trois ans de ta vie à « apprendre » l’anglais sans qu’on accepte de te faire partir, ne serait-ce qu’un semestre, à l’étranger, c’est ridicule. J’en ai rapidement eu marre mais j’ai l’habitude de terminé ce que j’ai commencé, alors j’ai fini ma licence d’anglais. En prenant quand même une option en deuxième et troisième année qui m’a permis d’étudier les médias et de faire un peu de cinéma. C’est ainsi que je me suis dit que le cinéma c’était cool et que ça me plaisait. Je me suis inscrit en master cinéma audiovisuel.

Aujourd’hui je viens de terminer en catastrophe ma première année de master. Je ne suis ni cuisinier, ni kiné, ni professeur d’anglais, et encore moins cinéaste. Je ne suis jamais parti étudier à l’étranger car mes deux demandes ont été refusées. Je fais quelque chose qui, je pensais, me plairait, tout comme l’anglais, tout comme les sciences, et une fois dedans, ça me saoule. 22 ans, je ne sais toujours pas où je vais.

Capture d’écran 2013-07-09 à 19.52.04

« La vie pour la plupart des gens c’est ça. C’est d’aller d’un point A à un point B. Mais bon pour moi, c’est pas ça. Moi j’ai le problème du point B. »

 

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4 réflexions au sujet de « Face à moi même »

  1. Je comprends ton inquiétude. Je comprends ta frustration. Je sais aussi que, bien que l’on ne t’ait pas laissé l’opportunité d’étudier à l’étranger, tu y as été et tu y as bossé. Tu as fait des choix, peut-être un peu par hasard, sûrement par goût, et jusqu’à maintenant, tu as plutôt réussi.

    Je vais te dire un truc : j’ai passé six ans sur les bancs de la fac, et tout ce que j’ai réussi à faire, c’est valider un DEUG en droit. Oh, j’ai appris plein de choses. Et j’ai acquis des méthodes. Aujourd’hui, un peu par hasard, je fais un boulot que j’adore et je viens d’avoir eu une promotion. Certains de mes collègues — des personnes que je pourrai être amenée à gérer dans une équipe dans moins d’un an — ont fait des études bien plus glorieuses que les miennes : des masters de droit des affaires, de droit du travail, des masters ou des licences d’économie.

    Peu importe ton parcours universitaire. Tu as des compétences. Et tu y arriveras à ton point B. Quelqu’il soit.

    • Merci CG d’être toujours là et de toujours lire mon blog. Tu as probablement raison et je vais croire en tes mots. J’espère aussi que j’arrivai à mon point B mais cette situation d’incertitudes n’est pas toujours facile à gérer. On verra jusqu’où j’arrive dans quelques années…

  2. Ne t’en fais pas, je me pose actuellement les mêmes questions. Un bac +5 en documentation choisi un peu par hasard dans la liste des Masters de Paris 1 car je ne savais pas quoi faire après ma licence d’histoire (tout sauf prof)… Aujourd’hui, j’ai un emploi dont j’ai déjà fait le tour, je cherche ailleurs mais rien…c’est compliqué. Pourquoi j’ai fait ça? Ca me plaisait mais y’a peu de débouchés! … L’important, c’est que tu ai fait ce qui te plaisais. Ne considère pas que c’est du temps perdu, tu as appris des choses, tu as changé, ça fait partie de ton expérience maintenant, il faut que tu en tire tout ce qu’il y a de positif. Même si ça te semble compliqué je suis sûre que tu arriveras à faire ce dont tu as envie.

    • Je me dis aussi que j’ai bien fait de choisir des études qui me plaisaient avant tout mais si c’est pour que ça mène à un mur, je commence à me poser la question. En soi, je me dis que j’arriverai bien à faire quelque chose de ma vie mais le flou de l’avenir ne peut être qu’angoissant. Nous verrons bien ! En tout cas merci pour ta lecture et ton commentaire ma cousine préférée 🙂

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